Dire que la cigarette électronique s’est invitée dans le débat du sevrage tabagique, c’est enfoncer une porte déjà largement ouverte. Les études s’accumulent, les avis s’aiguisent, mais une donnée persiste : cet objet, jadis marginal, se retrouve aujourd’hui sur le banc des grands, face-à-face avec les traditionnels patchs de nicotine.
Récemment, une nouvelle étude menée par un cardiologue grec a mis en lumière un aspect souvent passé sous silence : la sécurité de la cigarette électronique pour le système cardiovasculaire. Contrairement à la cigarette classique, la version électronique, qui délivre de la nicotine par inhalation de vapeur, sans combustion, n’a pas le même impact sur la circulation sanguine. L’analyse de Konstantinos Farsalinos, présentée lors d’un congrès européen de cardiologie à Amsterdam, apporte un autre éclairage : les « vapeurs », c’est-à-dire les utilisateurs de cigarette électronique, n’affichent pas de hausse du monoxyde de carbone dans le sang, un contraste net avec les fumeurs de tabac.
Si la question du sevrage occupe tant d’espace, c’est aussi parce que la Nouvelle-Zélande vient de publier une étude qui relance le débat sur l’efficacité des dispositifs. Dans le même temps, la France, elle, décide de serrer la vis : interdiction de la vente aux mineurs, restriction dans certains lieux publics, comme c’est déjà le cas pour le tabac.
L’enquête menée par Chris Bullen (Université d’Auckland) et publiée dans The Lancet, ne laisse guère de doute sur le constat : la cigarette électronique se montre aussi performante que les patchs de nicotine pour aider les fumeurs à décrocher, sur au moins six mois. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur 657 participants souhaitant arrêter de fumer, la cigarette électronique a permis à 7,3 % d’entre eux de tenir le cap durant treize semaines, contre 5,8 % pour les utilisateurs de patchs. La différence reste ténue sur le plan statistique, mais elle existe.
Ce qui frappe surtout, c’est la capacité de la cigarette électronique à faire baisser la consommation chez ceux qui ne parviennent pas à arrêter totalement. Pour donner un aperçu concret, voici les résultats observés sur la réduction du tabagisme chez les participants :
- Parmi les personnes ayant testé la cigarette électronique, 57 % ont réussi à réduire de moitié leur consommation de tabac.
- Chez les utilisateurs de patchs, ils sont 41 % à avoir atteint ce niveau de réduction.
Autre enseignement de taille : la cigarette électronique séduit davantage sur la durée. Un tiers des participants continuaient à l’utiliser après la période d’essai, alors que seuls 8 % des utilisateurs de patchs persistaient avec cette méthode.
Chris Bullen résume la situation avec lucidité : « Nos résultats ne mettent pas en évidence de différence nette pour l’arrêt complet, mais la cigarette électronique semble faciliter la réduction du tabac consommé ». Un avis partagé par Peter Hajek, spécialiste du Wolfson Institute à Londres, qui souligne que la cigarette électronique s’aligne sur le patch côté efficacité, tout en offrant un attrait supérieur pour de nombreux fumeurs. À ses yeux, ce dispositif pourrait élargir le cercle de ceux qui réussissent à tourner la page du tabac.
Ce tableau n’est pas sans nuances. Fin août, une enquête évoquant la présence de substances cancérigènes dans la vapeur produite par la cigarette électronique a jeté un froid. Les résultats, relayés à grande échelle, ont relancé les interrogations sur la sûreté du dispositif. Les défenseurs de la cigarette électronique, rejoints par plusieurs médecins, ont toutefois rappelé que les taux relevés étaient très faibles, surtout si on les compare à ceux présents dans la fumée du tabac, responsable chaque année de 73 000 décès en France.
Source : HuffingtonPost.fr

